Principales expositions

Cnidaires
2015, Galerie Deletaille, Bruxelles (B)

Ouverture d'atelier
2014, Atelier, Bruxelles (B)

Rêve d'olivier
2014, Écomusée de l'olivier, Volx (F)

Tensions/vibrations
2012, Médiatine, Bruxelles (B)

Apesanteurs
2010-11, Museu Brasileiro da Escultura, Sáo Paulo (Br)
Apesanteurs
2010, Fondation Folon, La Hulpe (B)

From the Beginning of Times to the Present
2009, Galerie Deletaille, Bruxelles (B)

Écritures
2009, Chapelle St-Ferréol, Viens (F)

[ CAPTURES ]
2008, Galerie Temporaire, Bruxelles (B)



[ CAPTURES ]

Spiderwoman au pays des merveilles

Traversée en 3 mouvements

I. Les spider webs

Libres ou captives, les spider webs de Carole Solvay demeurent énigmatiques. Reliquaires, hérissés de plumes déplumées, sont- elles des objets destinés à traverser le miroir ? à capturer les apparences ? à tamiser le réel ou à déposer l’irréel des perceptions ?

Grande chrysalide

Rubans de mousseline, transpercés de hampes de plumes ébarbées, les toiles s’enroulent et se déroulent en parapets vaporeux. On ignore si c’est la toile qui a ébarbé les plumes ou si ce sont les hampes qui ont capturé la toile. Tout tient ensemble, inextricablement mêlé, dans un processus cannibale de parasitage de l’un par l’autre et réciproquement. Equilibre fragile d’assemblages aux allures élégantes. Mais ce n’est que miroir aux alouettes, que piège tendu.

Les spider webs s’invitent dans l’espace sculptural. Elles y secrètent des messages codés et les maillent de paroles muettes, morsures-temps. Le travail se joue dans une accumulation de sédiments translucides, creuset d’une expérience cherchant à rendre visible l’affleurement du sensible. Il se cristallise également dans la rythmique des plumes, impulsions sombres s’inscrivant à même la surface spatiale, tels des coups d’archets déchirant une portée de jambages. Le nuage-textile se déploie dans une volonté d’horizontalité tandis que les pennes se situent dans une recherche de verticalité. Ainsi, vont chaîne et trame indissociables.

Certaines toiles planent dans les airs exposant leur vulnérabilité, d’autres se retrouvent prisonnières sous des globes transparents. Le verre se fait écran, captant le reflet du spectateur et du lieu qui font corps avec l’œuvre. De cette manière, Carole Solvay introduit un biais, une distance. Elle empêche tout contact sensoriel direct entre la pièce et le regardeur, mais provoque l’absorption du second par la première. Mise en abyme et retour au processus de transsubstantiation.

L’araignée-artiste agit avec cruauté. Il arrive qu’elle brûle les chairs de tissus, noircisse leurs fibres ou les blesse comme la couturière pique l’étoffe de son aiguille meurtrière. Pourquoi ? Nul ne le sait, peut-être pour assourdir les discours fantômes, pour empêcher les mots de s’échapper ou peut-être dans un souci d’archiver l’instant ? A moins que ce ne soit pour piéger les insectes du miroir, les faire glisser vers la surface ?

II. Les robes d’âme

La Reine du pays des Merveilles dit : « Qu’on tranche la tête ! ». Carole Solvay ourdit sa toile et enchaîne : « Qu’on couse les manches, qu’on coupe les pieds ».

Les robes d’âme sont, là, suspendues. Entre ciel et terre, en attente. Elles se balancent enserrant le vide. Leur volume n’est que vacuité, ventre creux. Il est trace aussi. Cônes évidés, les sculptures sont constituées d’une résille de matière blanche piquetés de hampes intervenant comme des motifs aviaires. Maisons en apparence abandonnées, ces vêtements sacrificiels marquent de leur gravité les hauteurs. Leur seule présence souligne l’absence.

Nul espace pour les bras, point de jambes qui pendent. C’est que les âmes sont mises au secret. L’artiste les séquestre sous des paradis, cloches de verre renfermant habituellement des vierges. La blancheur n’est pas leur seul apanage, il est aussi signe de deuil en Orient.

Les noyaux des statues de chiffons sont parcourues d’un souffle, celui d’un violon. Un ange passe, un cœur a cessé de battre, brisé sous les coups d’une plume acérée. Passage de l’autre côté du miroir. La musique exprime un cri concave, celui du manque. La robe pique de toutes parts. Mais qu’importe à l’âme. Silence. Epitaphe murmuré, les lèvres blessées. Le chant est sculpté de douleurs. La bogue, délaissée par la mue, s’ouvre vers un ailleurs de l’espace-temps. Des corps émergent des profondeurs pour se dire en creux, débarrassés de la matière.

III. Epilogue

Les toiles d’araignée et robes d’âme de Carole Solvay invitent à la traversée du miroir. Elles renouent les fils d’un dialogue interrompu, celui de la matière, des éléments et du monde invisible.

Michèle Minne

Temporaire

Affiche de l'exposition

À trois étages d'un Espace Temporaire aménagé en belle galerie d'art pour la circonstance, Carole Solvay (1958, vit à Bruxelles) donne les ailes de la légèreté.

Ses recherches plastiques en trois dimensions, par les matières, matériaux et orientations, s'apparentent à celles menées au sein des ateliers du Centre de la Tapisserie. Tissus diaphanes, plumes diverses dont celle du paon, mailles métalliques ondulantes, blancheurs lumineuses sont les éléments d'un monde délicat, décoratif, transparent et presque volatile, comme en suspens dont le grand nuage est certainement la pièce la plus directement évocatrice avec un trio sculptural presque anthropomorphe évoquant la fragilité, la sensualité, la beauté.

La recherche de l'émerveillement. "Une mise en abyme et retour au processus de transsubstantiation", écrit joliment Michèle Minne dans le catalogue.

Claude Lorent

 

Grand nuage
Grand nuage, 2008
Plumes, fil de fer, cadres d'acier
165 x 125 x 320 cm
Grand nuage
Grand nuage, 2008
(détail)
Plumes, fil de fer, cadres d'acier
165 x 125 x 320 cm
Robes d'âme
Robes d'âme, 2008
Plumes, voiles
140 x 40 x 50cm (3x)
Robes d'âme
Robes d'âme, 2008
(détail)
Plumes, voiles
140 x 40 x 50 cm (3x)
Robes d'âme
Robes d'âme, 2008
(détail)
Plumes, voiles
140 x 40 x 50 cm (3x)
Grande chrysalide
Grande chrysalide, 2007
Plumes, voiles
105 x 30 x 50 cm
Spiderweb (mauve)
Spiderweb (mauve), 2008
Plumes, voiles
Monde flottant
Monde flottant, 2008
Plumes, voiles
Capture
Capture, 2008
Plumes, voiles, globe de verre
25 x 25 x 30 cm
Grande capture
Grande capture, 2008
(détail)
Plumes, jersey metallique, globe de verre
53 x 37 x 18 cm
Grande capture
Grande capture, 2008
(détail)
Plumes, jersey metallique, globe de verre
53 x 37 x 18 cm